Tu t'es peut-être déjà dit que pour faire du storytelling, il te fallait une histoire de dingue à raconter.
Avoir gagné 1 million d'euros, avoir tout plaqué pour faire le tour du monde, avoir escaladé l'Everest...
Alors oui ce sont des histoires inspirantes, mais on ne vit pas ça tous les jours.
Et c'est justement là que beaucoup d'entrepreneurs abandonnent l'idée du storytelling :
Ils pensent que leur quotidien est trop banal pour intéresser qui que ce soit.
Pourtant, une bonne histoire ne dépend pas de l'importance de ce qui nous arrive.
Elle dépend de la façon dont on la raconte.
Dans cet article, tu vas découvrir :
Pourquoi tu n'as pas besoin d'une histoire extraordinaire pour captiver ton audience
Comment trouver des histoires intéressantes dans les situations les plus banales de ton quotidien
Ce qui transforme une simple anecdote en histoire captivante
Comment raconter une situation vécue pour illustrer concrètement ton expertise
Les erreurs qui tuent ton storytelling et le rendent inintéressant
Dans l'esprit collectif, le storytelling est souvent associé aux grandes success stories :
Steve Jobs, qui lance Apple dans un garage et finit par révolutionner l'informatique.
J.K. Rowling, qui s'est fait refuser Harry Potter par 12 maisons d'édition, avant qu'un éditeur lui donne sa chance, et que ça devienne le succès qu'on connaît aujourd'hui.
MrBeast, qui a commencé par faire des vidéos dans sa chambre avant de construire l'une des plus grosses chaînes YouTube au monde.
À force de voir ce type d'histoires, on croit que le storytelling c'est forcément avoir une histoire incroyable à raconter.
Et pourtant, une histoire n'a pas besoin d'être extraordinaire pour intéresser les gens.
Ce qui compte, c'est à quel point ton audience peut s'y reconnaître, et ce qu'elle va ressentir en l'écoutant.
Une étude menée par Jennifer Aaker, professeure à Stanford a montré que 63 % des participants se souviennent d'une histoire, et seulement 5 % se souviennent d'une statistique.
Une histoire ordinaire est donc plus mémorable qu'un simple fait, à condition de savoir comment s'y prendre.
Prenons deux exemples.
Histoire 1 :
"Mon dernier client m'a rapporté 15.000€ en un mois."
C'est impressionnant, mais il n'y a aucune histoire. On ne sait pas ce qui s'est passé, ce que tu as ressenti, ce qui était difficile, ni comment tu en es arrivé là.
Histoire 2 :
Mon premier client m'a payé 200 €.
La mission devait me prendre deux jours.
Elle m'en a pris huit.
J'ai fait le calcul, j'ai été payé 200 € pour 64 heures de travail.
Soit un peu plus de 3 € de l'heure.
Le pire c'est que je me suis pas senti arnaqué... Je me suis senti con.
Parce que je vendais mon temps sans savoir ce qu'il valait.
Alors j'ai commencé à augmenter mes prix : 500 €, 800 €, 1000 €, 1500 €...
À chaque fois que j'annonçais un prix plus haut, j'avais l'impression d'être un imposteur.
9 fois sur 10 on me claquait la porte au nez.
Mais j'ai rien lâché.
Aujourd'hui, je facture 10 000 € des missions qui me prennent moins de temps que celle à 200 €.
Et finalement, c'est pas les missions à 10.000 € que je retiens.
C'est celle à 200 €.
Ce n’est pas le montant de la mission qui rend cette histoire intéressante. C’est ce qu’elle raconte : une erreur, une prise de conscience, une évolution.
Une histoire ordinaire peut devenir intéressante dès lors qu'elle raconte un changement.
Comme on l'a vu, tu n'as donc pas besoin d'avoir vécu quelque chose d'extraordinaire pour raconter une histoire captivante.
Ce qu'il te faut, c'est un changement :
Quelque chose qui était vrai au début de l'histoire, et qui ne l'est plus à la fin.
Et ce changement peut être minuscule, il n'a pas besoin de bouleverser ta vie.
Il suffit qu'il ait modifié ta façon de penser, ta situation actuelle ou ta manière de faire les choses.
Tu peux chercher dans :
📚 Une conversation avec un client qui te fait réaliser quelque chose...
📚 Une erreur qui te révèle un problème que tu n'avais pas vu...
📚 Un échec qui te fait changer d'approche...
📚 Une remarque qui remet en question une certitude que tu avais jusque-là...
📚 Un problème que tu pensais avoir identifié, avant de découvrir que le vrai problème était ailleurs...
📚 Une décision que tu repousses depuis plusieurs mois et que tu finis enfin par prendre...
📚 Une petite victoire qui te donne envie d'aller plus loin...
📚 Une opportunité que tu refuses aujourd'hui, alors que tu l'aurais accepté quelques mois plus tôt...
📚 Un conseil que tu donnes aux autres, mais qui ne s'applique pas à ta propre situation...
Ce sont souvent ces petits moments banals qui créent les meilleures histoires.
À RETENIR
Une bonne histoire ne raconte pas forcément un événement extraordinaire.
Elle raconte un petit moment qui change quelque chose : une façon de penser, une décision, une situation ou une manière d'agir.
Pour trouver tes histoires, demande-toi simplement :
"Qu'est-ce qui était vrai au début de cette histoire, et qui ne l'est plus ensuite ?"
Il existe des centaines de structures de storytelling pour rendre une histoire plus intéressante.
Mais pour raconter des petites histoires, tu peux t'appuyer sur cette structure en 5 étapes simples :
1. Un contexte, pour comprendre où, quand et dans quelle situation l'histoire commence.
2. Un détail précis et visuel, pour permettre au lecteur d'imaginer la scène.
3. Un conflit ou une tension, pour introduire un obstacle, un dilemme ou un problème qui vient perturber la situation de départ.
4. Un passage à l'action, pour montrer ce que le personnage principal décide de faire face au conflit.
5. Une conséquence concrète, pour montrer ce que cette décision a produit.
Version sans storytelling :
"Je propose un accompagnement personnalisé, adapté à chaque profil."
Version storytelling :
Je suis coach sportif et j’accompagne des femmes qui veulent perdre du poids. Jusqu’ici, mes programmes reposaient principalement sur le sport et une alimentation équilibrée. (contexte)
En janvier dernier, une nouvelle cliente est venue me voir avec un objectif précis : pouvoir enfiler sa robe de mariée le 18 juillet. (détail précis et visuel)
Je lui ai présenté le programme que j’avais préparé pour elle. Elle l’a parcouru quelques secondes, puis m’a regardé, un peu gênée : « Je DÉTESTE faire du sport… mais j’adore danser. » (conflit / tension)
Le problème, c’est que je n’y connaissais rien en danse. Et pour la première fois, ma méthode ne semblait pas correspondre à la personne que j’avais en face de moi. (conflit / tension)
Puis je me suis dit : si elle prend du plaisir à danser, pourquoi l’obliger à faire quelque chose qu’elle déteste ? J’ai donc repris son programme et l’ai entièrement adapté autour de la danse. (passage à l’action)
Six mois plus tard, elle avait perdu 10 kilos sans avoir couru une seule fois. (résolution)
À RETENIR
À partir du moment où tu as une situation, une prise de conscience, et un changement de perspective, tu as déjà une histoire qui donne envie d'être écoutée.
Même avec une bonne histoire, quelques mauvaises habitudes suffisent à casser le rythme, brouiller ton message ou faire retomber l'attention.
Voyons maintenant les principales erreurs à éviter.
Tu n'as pas besoin de raconter chaque détail.
Garde uniquement ceux qui servent l'histoire ou l'idée que tu veux transmettre.
Si une information ne fait ni avancer le récit ni comprendre quelque chose, supprime-la.
« Mardi matin, je me suis levé vers 7h30. J'ai pris mon café, puis j'ai ouvert mon ordinateur vers 8h15. J'avais trois mails auxquels répondre. Ensuite, vers 9h, j'ai commencé à travailler sur ma page de vente. J'ai regardé mes anciennes versions, puis j'ai changé le titre. Après ça, j'ai déplacé quelques blocs… »
❌ C'est trop long, la majorité de ces éléments ne servent à rien et alourdissent l'histoire
« Mardi matin, j'ai ouvert ma page de vente avec une idée en tête : comprendre pourquoi elle ne convertissait pas. J'ai passé deux heures à tout modifier… avant de réaliser que le problème n'était pas la page. C'était mon offre. »
✅ On garde uniquement les éléments qui font avancer l'histoire :
Le problème → ce qu'on essaie → la découverte
La tension, c'est comme le suspense dans un film :
Si le réalisateur te montrait le tueur dès la première scène, tu n'aurais plus aucune raison de rester devant l'écran. C'est pareil pour une histoire. Elle devient intéressante quand quelque chose est en jeu : un problème, une incertitude, un risque, une décision difficile...
« À 18h47, j'ai reçu un message de mon client pour me dire qu'il n'était pas satisfait du projet. On en a parlé le lendemain et il m'a finalement annoncé qu'il voulait que ça s'arrête. »
❌ Tout est résumé en deux phrases, sans aucune tension. Le problème arrive, puis on découvre la conséquence immédiatement. Le lecteur n'a aucune raison de se demander ce qui va se passer.
À 18h47, j'ai reçu un message de mon client :
“Il faut qu'on parle demain. C'est urgent.”
Rien d'autre.
J'ai relu notre conversation trois fois en essayant de comprendre ce qui avait pu se passer. Le projet devait être livré deux jours plus tard et, jusque-là, il ne m'avait jamais fait la moindre remarque.
Le lendemain matin, il m'a annoncé qu'il voulait arrêter le projet.
✅ On prend le temps de faire ressentir la tension :
Le signal inquiétant → l'incertitude → l'attente → le problème inattendu
Le résultat final permet de voir où l'histoire se termine, mais pas ce que le personnage a vécu pour y parvenir.
Si tu sautes directement au résultat, tu supprimes les difficultés, les hésitations et les petits déclics qui donnent de l'intérêt à l'histoire.
« Ma cliente a perdu 10 kilos en 4 mois. Elle a simplement suivi le programme, et a obtenu de très bons résultats. »
❌ On connaît le début et la fin, mais pas ce qui s'est passé entre les deux.
« Quand elle est arrivée dans mon cabinet, ma cliente m'a dit : “J'ai déjà essayé de perdre du poids 3 fois cette année, et ça n'a JAMAIS marché.”
Elle avait supprimé le sucre, repris le sport et même suivi un régime hyper strict. À chaque fois, elle tenait quelques semaines avant de laisser tomber.
On a donc décidé de ne rien lui interdire et de commencer par changer une seule petite habitude :
Préparer ses repas le dimanche, pour la semaine suivante.
Le premier dimanche, elle n'a rien préparé. Le suivant, elle a préparé 2 repas. Puis 3...Puis elle a réussi à préparer toute sa semaine.
4 mois plus tard, elle avait perdu 10 kilos.
✅ On ne voit plus seulement le résultat final : on suit les tâtonnements, les petits progrès et le changement d'habitudes qui lui ont finalement permis d'y arriver.
Tu n'es pas obligé de terminer chaque histoire par :
« La morale de cette histoire, c'est que... »
Parfois, laisse simplement ton histoire créer un déclic.
Le lecteur peut comprendre quelque chose par lui-même, tirer sa propre conclusion ou se poser une question qu'il ne s'était jamais posée.
C'est souvent plus puissant que de lui dire directement quoi penser.
« La morale de cette histoire, c'est qu'il faut apprendre à dire non aux projets qui ne nous correspondent pas. »
❌ Le problème, c'est que tu viens d'expliquer au lecteur quoi penser de ton histoire. Il n'a plus rien à comprendre ou à déduire par lui-même.
«Maintenant, quand on me propose une mission, je ne regarde plus seulement le budget. Je me demande d'abord : “Est-ce que j'ai vraiment envie de passer les trois prochains mois là-dessus ?” »
✅ Ici, pas besoin d'écrire "la morale de cette histoire c'est que..."
La prise de conscience apparaît naturellement à travers ce que le personnage a vécu, et ce qu'il fait différemment aujourd'hui.
Tu n'as pas besoin d'une vie extraordinaire pour faire du storytelling.
Commence par chercher un moment qui a provoqué un changement : une difficulté, une erreur, une surprise, une décision ou une prise de conscience.
Puis raconte-le avec une structure simple en 5 étapes :
Contexte → Détail → Tension → Action → Résolution
Et surtout, ne cherche pas à rendre ton histoire plus spectaculaire qu'elle ne l'est.
Cherche plutôt à la rendre plus concrète, plus humaine et plus significative.
Parce qu'une bonne histoire ne dit pas seulement :
« Voilà ce qui m'est arrivé. »
Elle permet au lecteur de penser :
« Je vois la scène. Je comprends ce que tu as vécu. Et maintenant, je comprends quelque chose que je ne voyais pas avant. »

Si on ne se connaît pas encore...
Je m'appelle Cédric Floris, je suis créateur de contenu et entrepreneur spécialisé dans le copywriting, le storytelling et l'utilisation de l'IA pour développer une activité en ligne.
Depuis 2019, j'accompagne des solopreneurs, créateurs de contenu, coachs et entrepreneurs dans la création de contenus et de systèmes marketing pour développer leur activité.
À travers mes contenus, mes formations et les outils que je développe, je cherche à répondre à une question qui me tient particulièrement à cœur : comment utiliser l'IA et les nouvelles technologies sans rendre sa communication impersonnelle.
C'est aussi pour cette raison que le storytelling occupe une place importante dans mon approche.
Je préfère partir d'une expérience réelle, d'une erreur, d'une conversation ou d'une prise de conscience plutôt que de chercher à fabriquer une histoire spectaculaire.
C'est cette approche que je partage dans cet article : comment transformer ce que tu vis déjà en histoires capables de transmettre ton expertise et de créer de l'identification.